La rentrée vue par un syndicat enseignant : des sujets qui fâchent
Marcel Le Bronze, secrétaire Union locale du FSU de Saint-Nazaire, explique les raisons de la grogne des instituteurs à la veille d'une rentrée qui s'annonce tendue. Photo : Stéphanie Leborgne
Les réformes de Xavier Darcos restent en travers de la gorge des enseignants. Marcel Le Bronze de la FSU fait un tour d'horizon des revendications des instituteurs.
La Loire-Atlantique a annoncé la couleur dès avril dernier avec de nombreux mouvements de grogne. Ils pourraient reprendre à la rentrée scolaire car les enseignants sont mécontentents. Les raisons ? : « des bouleversements pédagogiques et des moyens mis en oeuvre dans la précipitation. La rentrée en est déstabilisée », se plaint Marcel Le Bronze, co-secrétaire SNUPP 44 et secrétaire de la Fédération syndicale unitaire (FSU) locale.
« Inspirés de 1923 »
Première réforme qui passe mal : les nouveaux programmes scolaires « dits progressifs mais qui sont inspirés de 1923 », ironise-t-il. Pour les instituteurs, c'est une remise en cause des apprentissages qui n'est pas satisfaisante. « Par exemple, les élèves de CE1 devront intégrer de manière académique les tables de multiplication de 1 à 5. Alors qu'avant, on apprenait la technique opératoire par des jeux. »
Pas d'école le samedi matin
La FSU n'est pas d'accord non plus de la suppression de l'école le samedi matin, « car ça a une conséquence sur le rythme des enfants. Comment travailler mieux avec deux heures de classe en moins », explique Marcel Le Bronze. Les professeurs ont aussi le sentiment que les élèves en difficultés, les seuls à travailler le samedi matin, seront stigmatisés.
Le service minimum d'accueil
A cela s'ajoute le service minimum d'accueil. « Les textes n'interdisent pas qu'un personnel non enseignant puisse remplacer le professeur en grève ou pourquoi pas simplement malade », s'inquiète-t-il. Autre sujet de mécontentement, l'annonce de suppression de postes cette année. À l'échelle du département, ce sont 200 postes de maternelles et d'élémentaires qui sont menacés.
L'économie à l'école
« Nous nous faisons du souci sur le fait qu'il est possible qu'un conseil d'administration puisse organiser la vie dans les écoles comme c'est déjà le cas dans les collèges et les lycées. » Dans ces conseils, on retrouve des enseignants, le maire et pourquoi pas des responsables de la vie économique locale. « L'évaluation des écoles est un autre problème. Ça risque de créer de la concurrence entre les établissements. »
Une chaîne humaine est déjà prévue le 3 septembre reliant l'inspection académique au rectorat à Nantes avec le rassemblement du premier et second degré, des parents d'élèves et du collectif des élus.
Stéphanie Leborgne
Presse-Océan