Dans le ciel nantais avec les sauveteurs héliportés
L'Agusta 109 Power, hélicoptère bimoteur, a un peu moins de 2 h d'autonomie en carburant. Il fend les airs à une vitesse de 140 noeuds, soit 260 km/h.
Service express : chaque jour, les ambulanciers du ciel convoient des équipes médicales pour secourir des patients en un temps record.
Dites donc, ça n'arrête pas de tourner en ce moment, siffle un infirmier dans les couloirs du CHU. Ça s'entend et ça se sent aussi. Ça aère l'hôpital au kérosène. »
Effectivement, depuis le 20 juin, l'Hélismur, hélicoptère du Smur (Service mobile d'urgence et de réanimation), est de retour à Nantes. Au coeur de la cité. Quelques désagréments mais beaucoup de bienfaits. L'engin fait du bruit, de jour comme de nuit, mais il sauve des vies.
Voie express
Par les airs, depuis le toit de l'hôpital du CHU de Nantes, Saint-Nazaire est à 15 minutes. Début août, un bébé de 6 mois a ainsi été transféré de façon express au service de réanimation pédiatrique du CHU de Nantes. Un septuagénaire mal en point a été convoyé par les airs depuis Les Sables-d'Olonne en 20 minutes.
Le vol se fait toujours avec une équipe médicale - médecin urgentiste et infirmier - qui prend en charge le patient. Impossible de faire mieux en terme d'urgence. À l'arrivée, sitôt débarqué, un ascenseur et un couloir avalés au pas de course par les brancardiers et le tour est joué : le patient est dans le bloc opératoire ou le service adapté.
L'hélico fend l'air à 260 km/h
« La vitesse de croisière de l'Hélismur est de 140 noeuds, soit 260 km/h, précise Patrick Nicolle, chef de base de l'Hélismur des Pays-de-la-Loire. Cela signifie que pour le trajet le plus éloigné dans la région, Luçon en Vendée ou une ville de Mayenne, il faut compter 30 mn maximum de transport à l'aller, et 30 autres au retour. »
Demande du centre 15
C'est le médecin régulateur du centre 15 qui déclenche l'hélicoptère. Pour cause d'éloignement du patient, d'urgence de la pathologie (accident vasculaire cérébral, crise cardiaque, trauma crânien) ou d'indisponibilité des équipes Smur régionales. « Contrairement à ce que pense le grand public, on arrive rarement en première intervention, indique Patrick Nicolle. On assure plus souvent des transferts pour acheminer des patients sur un hôpital ayant un pôle de compétence particulier et un plateau technique spécifique. À ce titre, on peut aussi être amené à aller à Brest, Paris, Rennes ou Bordeaux. »
5 mn pour donner un feu vert
Le pilote a 5 mn pour jauger la météo et donner son accord. Rafales de 90 km/h, brouillard, neige et grêle peuvent compromettre le départ des ambulanciers du ciel. « On doit absolument s'assurer que la mission peut être menée en toute sécurité, à l'aller et surtout au retour. Rester cloué en rase campagne serait évidemment beaucoup plus catastrophique que de refuser une mission... »
La charge de travail monte en puissance. L'Hélismur effectue 600 à 700 missions par an. Outre la rapidité de prise en charge du patient, le service présente un autre avantage déterminant : les équipes médicales engagées réintègrent leur service en un temps record. À peine parties et de nouveau sur le pont.
Yan Gauchard
Presse-Océan